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L’homme qui avait peur de se perdre

5/2/2010
5 commentaires

« Il était une fois un homme qui souffrait d’une peur absurde. Il craignait de se perdre au milieu des autres.
Tout commença une nuit, au cours d’une soirée déguisée, quand il était jeune. Quelqu’un avait sorti une photographie sur laquelle tous les invités apparaissaient en rang d’oignons. Mais en la regardant, il n’avait pas pu se reconnaître. L’homme avait choisi un costume de pirate, avec un bandeau sur l’œil et un foulard sur la tête. Mais beaucoup avaient choisi un déguisement similaire. Son maquillage était constitué d’une touche de rouge écarlate au niveau des joues et d’un peu de suie en guise de moustache. Mais des déguisements constitués de pommettes rouges et de moustaches noires, il y en avait un certain nombre.
Il s’était beaucoup amusé au cours de cette soirée, mais sur la photographie, tous semblaient s’être beaucoup amusés aussi. Finalement, il se souvint qu’au moment où la photographie avait été prise, il était prêt d’une belle blonde, et il essaya de la retrouver. Ce fut peine perdue. La moitié des femmes de la soirée étaient blondes et la plupart d’entre elles étaient au bras d’un pirate.
Cette expérience eut un impact important sur cet homme, et à cause de cela, pendant des années, il n’assista à aucune soirée de peur de se perdre à nouveau.
Mais un jour, il trouva une solution. A partir de maintenant et en toute circonstance, il s’habillerait toujours de marron : chemise marron, pantalon marron, sacoche marron, chaussettes et chaussures marron. « Si quelqu’un prend une photographie, je pourrais toujours me reconnaître car celui vêtu de marron, ce sera moi. » pensa-t-il.
Le temps passa, et notre homme eut l’occasion de mettre plus d’une fois son astuce à l’épreuve. En se voyant dans les miroirs des grands magasins, au beau milieu d’une foule, il se répétait calmement : « Je suis l’homme en marron. »
Et puis, un certain hiver, un groupe d’amis lui offrit un forfait d’un après midi aux bains turcs. L’homme accepta, enchanté. Il n’était jamais allé dans un tel endroit dont il avait entendu, de la bouche de ses amis, tous les avantages et bénéfices.
Il se rendit aux bains turcs et on lui donna deux serviettes. Puis on l’invita à se rendre aux vestiaires pour se déshabiller. L’homme posa sa sacoche, enleva son pantalon, son pull-over, sa chemise, ses chaussures, ses chaussettes et au moment  d’ôter son caleçon, il se regarda dans la glace et resta pétrifié. « Si j’enlève ce dernier vêtement je serai nu comme tous les autres » pensa-t-il. « Et si je me perds, comment pourrai-je me reconnaître si je ne conserve pas cette particularité de la couleur marron qui jusqu’à présent m’a tant aidé ? »
Pendant plus d’un quart d’heure il demeura dans les vestiaires, en sous-vêtement, doutant de lui et se demandant s’il ne ferait pas mieux de partir. Il s’aperçut alors que s’il ne pouvait pas rester habillé, il pouvait certainement utiliser un signe distinctif. Avec beaucoup de délicatesse, il enleva un fil de laine de son pull-over marron et il se l’attacha au gros orteil droit. « Je dois me souvenir de cela si je me perds : Celui qui porte le fil de laine au gros orteil droit, c’est moi. »
Avec toute la sérénité du monde et fort de sa crédibilité, il put profiter des bains de vapeur, sans s’apercevoir qu’entre les différents bassins et plongeons, le fil de laine avait glissé de son doigt et flottait au beau milieu de l’eau. Un autre homme qui se trouvait là, voyant le fil de laine qui flottait dit à son ami : « Quel drôle de hasard, c’est la couleur que je voulais décrire à ma femme pour qu’elle me tricote une écharpe. Je vais emporter le fil de laine pour qu’elle puisse trouver la même couleur. » S’apercevant qu’il n’avait aucun endroit où garder le fil de laine, il se l’attacha au gros orteil droit.
Pendant ce temps, le protagoniste de notre histoire avait profité de ses différents bains et se dirigeait vers les vestiaires. Il y entra d’un air décidé et satisfait. Il commença à se sécher. Quand il regarda dans la glace, il s’aperçut avec horreur que non seulement il était totalement nu mais qu’en plus il n’avait plus de fil de laine au gros orteil droit. « Je me suis perdu » pensa-t-il en tremblant et il sortit à la recherche du fil de laine marron qui l’identifiait.
Quelques minutes après, en observant d’un regard avisé son entourage, il aperçut le pied de l’autre homme qui portait le fil de laine marron à son gros orteil droit.
Timidement il s’approcha de lui et lui dit :
« Excusez-moi Monsieur, je sais qui vous êtes mais pourriez vous me dire qui je suis ? »

peur de se perdre

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Commentaires :

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  • Ange dit :
    20/4/2012 à 12h 12min

    Merci pour votre recit, ce fut tres interessant de vous lire

  • www.psy-annedindarva dit :
    15/11/2011 à 12h 12min

    @ www.psy-annedindarvaliente : En êtes-vous certain ?

  • www.psy-annedindarva dit :
    28/3/2011 à 12h 12min

    @ Pull homme : Dans une cohue, on est presque certain de se perdre !

  • Pull homme dit :
    07/3/2011 à 12h 12min

    "Dans une cohue, on ne peut penser qu'à ses orteils" - Lauri Viita

  • athos dit :
    17/2/2010 à 12h 12min

    c'est pour ça que l'on dit des fois que "la vie ne tiens qu'à un fil" vous croyez?

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